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Vieillir, se lavouer à soi-même
et le dire,
Tout haut, non pas pour voir protester les amis,
Mais pour y conformer ses goûts et sinterdire
Ce que la veille encore on se croyait permis.
Avec sincérité, dès que laube se lève,
Se bien persuader quon est plus vieux dun jour.
À chaque cheveu blanc se séparer dun rêve
Et lui dire tout bas un adieu sans retour.
Aux appétits grossiers, imposer dâpres jeûnes,
Et nourrir son esprit dun solide savoir ;
Devenir bon, devenir doux, aimer les jeunes
Comme on aima les fleurs, comme on aima lespoir.
Se résigner à vivre un peu sur le rivage,
Tandis quils vogueront sur les flots hasardeux,
Craindre dêtre importun, sans devenir sauvage,
Se laisser ignorer tout en restant près deux.
Vaquer sans bruit aux soins que tout départ réclame,
Prier et faire un peu de bien autour de soi,
Sans négliger son corps, parer surtout son âme,
Chauffant lun aux tisons, lautre à lantique
foi,
Puis un jour sen aller, sans trop causer dalarmes,
Discrètement mourir, un peu comme on sendort,
Pour que les tout petits ne versent pas de larmes
Et quils ne sachent pas ce que cest que la mort.
(François Fabié)
***************Poésies
**Horoscope
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