LA MER
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Veuve tôt consolée des marins engloutis
Lasse d'avoir poussé sa houle interminable
La mer tout en frissons s'assoupit sur les sables
Où la vague a couché son corps appesanti.

Quand l'aube vers le jour roule son clapotis
La mer est neuve et lisse, étale, impénétrable
Et sereine, ayant tu sa clameur indomptable
Offre sa bouche bleue au baiser consenti.

L'embrun de tout remords a lavé mon visage
L'étrave de mon cœur ouvre un tendre sillage
Et vogue au rendez-vous donné par le soleil.

Je jette mes filets dans les eaux scintillantes
Et ramène mêlé aux algues ruisselantes
Comme un rêve oublié, un pan de ciel vermeil.
(Pierre OSENAT)

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